Radikal raconte le destin tragique d’un jeune Indonésien, DJ toxicomane dans une boîte techno, qui glisse de la drogue vers le jihad

Éditions Gope, 13 x 19 cm, 252 pages, ISBN 979-10-91328-47-0, 18.85 €

mardi 10 octobre 2017

Olivier Castaignède, Naissance d’un auteur

Article original


Radikal, le premier roman d’Olivier Castaignède qui vit à Singapour depuis 17 ans, vient de paraitre aux éditions GOPE. Radikal est à la fois le titre du roman et celui de son personnage principal : un DJ de Jakarta qui oscille entre mal-être, drogues, et musique électronique, entre modernité et tradition. Ecrit au moment des attentats qui ont ensanglanté Paris, ce 1er roman s’inscrit pleinement dans l’actualité et nos questionnements sur cette jeunesse, pas forcément marginalisée mais assurément fragile qui glisse vers l’horreur. 

Olivier aborde sa nouvelle vie d’auteur avec frénésie et enthousiasme et alors qu’il met la dernière main à son second roman, il a accepté de décrypter avec nous le parcours d’un manuscrit, de l’écriture à sa sortie en librairie. Rencontre avec un auteur qui oscille entre passion et méthode et qui a osé, un jour, suivre son rêve.

Olivier Castaignède, 2017

www.lepetitjournal.com/singapour : Pouvez-vous résumer votre parcours jusqu’à Singapour ?

Olivier Castaignède : Avant de sauter le pas et de me lancer dans l’écriture, j’ai eu une « première vie » professionnelle. Je suis ingénieur de formation, diplômé de l’X et de télécoms Paris. J’ai commencé ma carrière au ministère de la Recherche à Paris. Mais j’avais envie d’aventure, de partir à l’étranger. J’étais fasciné à l’époque par l’Amérique Latine, et je devais prendre un poste à Rio – j’ai même appris le portugais. Et puis, finalement, ma destination a été Singapour…

Je suis donc arrivé ici en 2000, comme conseiller commercial en ambassade où je suis resté 4 ans. En 2002, j’ai rencontré ma future femme, singapourienne et j’ai décidé de prolonger mon séjour ; En 2005, après un MBA à l’INSEAD, j’ai basculé dans le secteur privé. Pendant 10 ans j’ai travaillé dans le domaine de la carte à puce dans trois sociétés différentes, exerçant des fonctions aussi diverses que la stratégie, le business planning ou les ventes.


A quel moment avez-vous eu l’envie de vous consacrer à l’écriture d’un roman ?

En fait, l’écriture et la littérature ont toujours fait partie de ma vie. J’avais même écrit un « roman » à 9 ans, inspiré par les livres de la Bibliothèque verte. Mon premier grand choc littéraire fut vraiment le Désert des Tartares de Dino Buzzati en classe de 4e. J’ai ensuite tout dévoré de cet auteur et j’ai même appris l’italien pour me rapprocher plus encore du texte. En 1991, j’ai eu un prix au concours général de composition française et à 18 ans, j’ai commencé à écrire de la fiction mais le résultat ne me plaisait pas du tout. J’en ai conclu que j’aimais la littérature mais que je n’arriverais jamais à écrire et j’ai continué mes études scientifiques.

Je crois qu’il y a un mythe en France, qui n’existe pas dans la culture anglo-saxonne : celui du « génie littéraire »


Comment arrive-t-on à surmonter son appréhension de l’écriture pour enfin se lancer et achever son 1er roman plusieurs années après ?

Je n’ai rien écrit pendant 20 ans. Et puis, début 2015, je suis tombé sur des livres en anglais pour apprendre à écrire un roman – notamment un ouvrage didactique du romancier américain, Lawrence Bloch Writing the Novel, from Plot to Print. Et cela a été le déclic pour me relancer. Je crois qu’il y a un mythe en France, qui n’existe pas dans la culture anglo-saxonne : celui du « génie littéraire ». Probablement parce que cela fait rêver. Finalement, croire au génie, c’est un peu comme croire en Dieu... Ce que m’ont montré ces méthodes, c’est que pour écrire un roman, il y a d’abord une intrigue à mettre en place, des personnages à construire et qu’il est contreproductif de se focaliser au départ sur le style, comme le font la plupart des auteurs en herbe. Si vous écrivez votre 1er chapitre en n’ayant qu’une vague idée de la suite, automatiquement en progressant, vous allez revenir en arrière et devoir réécrire. En général, les auteurs débutants peaufinent leurs dix premières pages jusqu’à les rendre parfaites et quand ils réalisent, en s’attaquant au deuxième chapitre, qu’il va falloir tout reprendre à zéro, ils se découragent. Et c’est aussi ce que je faisais. En fait, pour écrire un roman, il faut écrire un premier jet sans trop fignoler le style et ensuite retravailler son intrigue et ses personnages. En plus, si on perfectionne trop son écriture dans les premiers jets, on aura tendance à vouloir garder des passages « bien écrits » mais qui ne sont plus dans la logique d’un personnage. Alors que sans intrigue cohérente, sans fil narratif fort, quelle que soit la beauté du style de l’auteur, la plupart des lecteurs s’arrêtent de lire au bout de quelques pages. Enfin, les éditeurs n’ont plus le temps de retravailler une histoire mal ficelée, surtout lorsqu’elle leur vient d’un auteur inconnu.

On m’a parfois fait l’objection que Maupassant ou Balzac, ont appris à écrire tout seuls, sans avoir accès à toutes ces méthodes contemporaines qui enseignent la fiction ses tours de magie. Mais c’est faux, car à l’époque, il y avait des salons ou des clubs littéraires et un jeune auteur était suivi par un écrivain plus expérimenté, un mentor qui lui transmettait son savoir et lui prodiguait des conseils.

Le mal n’est pas monolithique. Il n’est pas le fait de « monstres » mais de gens terriblement humains et c’est cette humanité que Radikal tente de retranscrire au travers du destin tragique de Hendro


Au delà de cette méthode d’écriture, comment est venue l’idée du roman assez sombre de Radikal ?

M’étant moi-même converti à l’islam en épousant ma femme en 2005, je ne cesse de m’interroger depuis des années sur les origines du terrorisme islamiste : comment la religion en vient-elle à devenir le véhicule de la haine sans en être l’origine ? Je me suis notamment intéressé au concept d’islamisation de la radicalité de l’universitaire français Olivier Roy, spécialiste de l’islam. L’idée du roman m’est venue en janvier 2015 en lisant un article – que je ne retrouve plus ! – sur l’immolation d’un militaire jordanien par les soldats de DAESH : l’un des bourreaux était, semble-t-il, d’origine indonésienne. Ayant toujours été fasciné par l’Indonésie et la formidable hospitalité de ses habitants, je me suis demandé comment ce jeune homme avait pu en arriver à une telle barbarie. J’ai imaginé le parcours, complètement fictif, d’un jeune de Jakarta et ses dérives radicales.

Le roman, territoire où selon Milan Kundera, « le jugement moral est suspendu » est, à mon sens, un lieu privilégié pour comprendre comment la trajectoire individuelle vient nourrir le processus de radicalisation. Le mal n’est pas monolithique. Il n’est pas le fait de « monstres » mais de gens terriblement humains et c’est cette humanité que Radikal tente de retranscrire au travers du destin tragique de Hendro. En filigrane, j’ai aussi voulu montrer comment la révolte de la jeunesse pouvait être instrumentalisée par des organisations terroristes qui répondent à ce besoin de violence.


Comment avez-vous réussi à vous faire éditer avec un tel sujet pour un premier roman ?

Cela a été le parcours du combattant… J’ai essuyé une quinzaine de refus avant et puis, finalement, les éditions GOPE, maison d’édition indépendante qui a vocation à faire découvrir l’Asie du Sud-Est par le livre, ont été enthousiasmées par mon texte. De fait, la ville de Jakarta est au cœur de Radikal. C’est l’une des villes les plus folles que j’ai connues. Une ville attachante, mystérieuse, troublante, qui peut aller très loin dans l’excès. Au delà du thème des origines de la radicalité, du jihad, ce livre s’adresse donc également aux personnes qui s’intéressent à l’Indonésie contemporaine.

[…]

Clémentine de Beaupuy, octobre 2017
www.lepetitjournal.com/singapour

Genèse de Radikal

L’idée du roman est venue à Olivier Castaignède en lisant dans la presse que l’un des bourreaux de Daech ayant participé à l’exécution du pilote jordanien (mort brulé vif en janvier 2015) était d’origine indonésienne. Il a alors voulu imaginer comment ce jeune homme avait pu en arriver à commettre un crime aussi barbare.



Après de premiers essais déprimants d’écriture vers l’âge de 16-18 ans, Olivier Castaignède avait complètement abandonné l’idée de devenir un jour écrivain – tout en continuant à lire avec passion, de Milan Kundera à Dino Buzzati, de Jo Nesbo à Jonathan Franzen. Le déclic a été la lecture fortuite de l’ouvrage didactique du romancier américain, Lawrence Bloch Writing the novel, from plot to print. Il a alors compris que la fiction était une forme de magie et que pour espérer devenir magicien, il était bon de commencer par apprendre quelques tours. En France, l’on pense communément que l’écriture est un don du Ciel, alors que dans les pays anglophones, l’on sait que c’est d’abord et surtout du travail et de la technique.

À raison de six heures par jour en moyenne, il a écrit Radikal sur une période d’un an. Plusieurs personnes, dont ses parents, ont relu une version préliminaire du roman et en s’appuyant sur leurs commentaires, il a pu améliorer aussi bien la solidité de l’intrigue que la fluidité du texte. Au total, sept versions successives ont été écrites avant la recherche d’un éditeur.

Pourquoi ce roman ?

Pour les éditions Gope, cet ouvrage est le 2e d’une série indonésienne commencée avec En route pour l’Indonésie.

L’auteur, quant à lui, ne cesse de s’interroger depuis des années sur les origines du terrorisme islamiste : comment la religion en vient-elle à devenir le véhicule de la haine sans en être l’origine ? Radikal tente d’explorer le lien entre radicalité et terrorisme. Il fait notamment référence au concept d’islamisation de la radicalité de l’universitaire Olivier Roy, spécialiste de l’islam.

Headaches


Le roman, territoire où, selon Milan Kundera, « le jugement moral est suspendu » est, au sens d’Olivier Castaignède, un lieu privilégié pour comprendre comment la trajectoire individuelle vient nourrir le processus de radicalisation. 
De fait, le besoin de violence qu’expriment certains jeunes ici ou ailleurs n’est pas le fruit du hasard. Sans l’excuser, il est important d’en comprendre les ressorts, qu’ils soient d’ordre individuels, sociaux, culturels ou religieux. Le mal n’est pas monolithique. Il n’est pas le fait de « monstres », mais de gens terriblement humains et c’est cette humanité que Radikal cherche à retranscrire au travers du destin tragique de Hendro.

Radikal tente aussi de montrer comment les organisations terroristes s’approprient et exploitent la révolte intérieure d’une certaine jeunesse à la dérive. 

samedi 30 septembre 2017

A qui s’adresse Radikal ?

Radikal s’adresse aux personnes qui s’intéressent à l’Asie en général, et plus particulièrement à l’Indonésie, aux différents courants de l’islam en Asie du Sud-Est, aux racines du djihadisme, au processus de radicalisation, et aussi à la question de la transsexualité.

Le roman plonge d’emblée le lecteur dans le monde de la nuit à Jakarta avec ses excès en tous genres (drogue, prostitution, violence) et en fond sonore, la musique électronique de DJ Radikal.

Scratch Pad!

samedi 2 septembre 2017

Radikal est disponible

Radikal, le roman d'Olivier Castaignède sur la radicalisation d’un jeune DJ indonésien toxicomane, est disponible : dans un premier temps, auprès des éditions Gope, puis d'ici une quinzaine, dans votre librairie ou sur votre plate-forme préférée.

Éditions GOPE, 13 x 19 cm, 252 pages, ISBN 979-10-91328-47-0, 18.85 €

mardi 29 août 2017

Olivier Castaignède se présente…

Olivier Castaignède, l'auteur de Radikal, été 2017.



Né à Metz en 1973, j’habite en Asie du Sud-Est depuis 17 ans. Après mes études à l’École Polytechnique, j’ai d’abord rejoint le ministère de la Recherche à Paris avant de devenir, en 2000, conseiller commercial à l’ambassade de France à Singapour. Après un MBA à l’INSEAD que j’ai terminé en 2005, j’ai occupé différentes fonctions marketing et commerciales dans des entreprises du secteur de la carte à puce, basées en Asie. En 2015, j’ai décidé de mettre en suspens ma carrière en entreprise pour me consacrer à mes projets d’écriture et au voyage.

Mon engouement pour l’Indonésie est né de deux expériences personnelles complémentaires.  Mes nombreux voyages en Indonésie d’abord, depuis 2000, au rythme de six ou sept par an, qu’ils soient d’ordre personnel ou professionnel et qui m’ont fait découvrir ce pays fascinant, de Banda Aceh à la Papouasie, en passant par les Célèbes, les Moluques, Flores ou Kalimantan – avec une affection toute particulière pour le Grand Durian, la ville de Jakarta. La culture malaise de ma femme singapourienne ensuite, qui m’a conduit à apprendre le bahasa (melayu) et à explorer les traditions musulmanes d’Asie du Sud-Est.

Depuis janvier 2017, je poursuis un mastère en création littéraire à l’université Lasalle College of the Arts à Singapour, une formation qui s’achèvera en juin 2018. Tout en maintenant une activité à temps partiel de consultant auprès de fonds d’investissement, j’écris, en anglais et en français, des récits et des romans qui ont pour cadre l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est.

lundi 28 août 2017

4e de couverture de Radikal

Radikal, Éditions GOPE, 13 x 19 cm, 252 pages, ISBN 979-10-91328-47-0, 18.85 €

Résumé

Jakarta, 2014. Hendro est « Radikal », un DJ au sommet de son art. Amateur de sensations fortes, il aime se perdre entre la musique électronique et les drogues qui circulent librement dans le night-club où il mixe. Lorsque des révélations inattendues viennent raviver un traumatisme d’enfance lié au passé de sa mère, ni ses excès en tous genres, ni l’amour de Jasmine, son amie transsexuelle, ne suffisent plus à l’apaiser.
Perdu dans un univers où l’islam coexiste avec une prostitution florissante, déchiré entre une société moderne où tout s’achète et un monde de traditions qui le fascine, Hendro a soudain besoin d’autres expédients pour étouffer ses tourments. C’est la faille où viendra se loger la tentation djihadiste.


Olivier Castaignède

Né à Metz en 1973, Olivier Castaignède habite en Asie du Sud-Est depuis dix-sept ans.
Ingénieur de formation, il a d’abord été conseiller en ambassade, avant d’occuper différentes fonctions marketing et commerciales dans des entreprises basées en Asie, notamment en Indonésie.
Depuis 2015, il se consacre principalement à ses projets d’écriture et de voyage. Quand il n’est pas à Jakarta, au Tadjikistan ou en Somaliland, il passe son temps à Singapour où, entre deux romans, il essaie de convaincre sa femme et ses deux enfants de lui apprendre à parler le bahasa.


« Le soldat de Daech s’approcha de la tranchée qui s’embrasa dès qu’il abaissa la torche. Le feu bondit, dévorant la coulée de kérosène dans le sable. Avant même que les flammes n’atteignent la cage où était enfermé le pilote, celui-ci s’effondra au sol, tête en avant, et son visage mangea la poussière. Le corps ne tressaillit pas lorsque le feu agrippa la combinaison orange. »

Radikal, Éditions GOPE, 13 x 19 cm, 252 pages, ISBN 979-10-91328-47-0, 18.85 €